L'IA
sombre (ou Dark AI) désigne
l’utilisation malveillante ou non
éthique des technologies d’intelligence artificielle, souvent à des
fins de manipulation, de surveillance intrusive, ou de
cybercriminalité.
L’IA sombre exploite les capacités des algorithmes pour contourner les règles, tromper les utilisateurs, ou automatiser des activités illégales.
Parmi ces applications, on trouve les deepfakes, les
bots de désinformation, les outils de piratage automatisés, ou
encore les systèmes de notation sociale opaques, comme ceux utilisés
dans certains régimes autoritaires.
Cette face obscure de l’IA
soulève des questions fondamentales sur la responsabilité, la
transparence et les limites éthiques de la technologie.
Face à ces défis, une approche multidimensionnelle est
nécessaire.
D’un point de vue technologique, par exemple sur la détection des
deepfakes, des protocoles de cybersécurité renforcés, et des
systèmes d’audit pour rendre les algorithmes plus transparents.
Sur le plan législatif, des régulations comme le RGPD en Europe ou
l’AI Act visent à encadrer l’utilisation des données et à
sanctionner les abus, mais leur application reste un défi à
l’échelle mondiale.
Enfin, la sensibilisation du public est
cruciale : comprendre les mécanismes de l’IA sombre permet de
mieux s’en prémunir, que ce soit en vérifiant l’authenticité des
contenus ou en adoptant des pratiques numériques sécurisées. Mais
l’enjeu est de taille quasi existentielle.
Comment empêcher les élèves d'utiliser une IA pour tricher ou plagier ?
Certes, il existe de nombreux outils différents déjà disponibles pour détecter un texte écrit par l'IA. Citons par exemple.
Mais la bataille semble d’ores et déjà perdue.
Peut-être faut-il alors envisager d'utiliser les IA comme un outil pour les tâches créatives qui soutiennent l'apprentissage actif et l'amélioration des compétences de pensée critique et créative des élèves. Et apprendre ainsi à l'utiliser de manière responsable, comme aide à l'apprentissage ou comme compagnon d'apprentissage.
Restent des questions
Créer une image photoréaliste d'un reçu froissé de 320,15 euros
sur une table en bois avec des chiffres raisonnables. Calcule le
total pour 4 repas, entrée plat dessert, demi vin eau gazeuse.
Fais le total la somme doit être exacte et les valeurs
réalistes. Le nom de restaurant est Paris by Plage et il est
situé à : Cocotier n° 3 plage des sables
Dans le chapitre consacré aux faux
(personnes, paysages, maison etc.), nous avons vu qu'il est très
facile de reproduire des images de personnes qui n'existent pas.
On peut aussi dorénavant leur faire dire ce qu'elles ne disent pas.
Cette vidéo montre les possibilités (en 2016) de la reconstitution faciale en temps réel.
Cette technologie (datée, 2016), mise en œuvre dans la réalisation de deepfakes, peut avoir recours à n'importe quelle voix, la vôtre ou un autre, pour peu de disposer d'un échantillon.
Nous avions évoqué dans le module techno / mytho le travail de la société candyvoice et l'imitation de plusieurs voix, dont celle par exemple d'Emmanuel Macron à partir de 10 mn d'échantillon récupérés.
Citons également descript.com/ qui reproduit n'importe quelle voix à partir d'un échantillon ou les applications de montage automatique, par exemple filmora, GoPro Quik ou Mimo.
Mais là, il s'agit de réaliser des vidéos sans tourner une seule minute de film.
Par exemple sur le site https://app.heygen.com/ vous propose de faire cela de manière très simple.
Et, il fallait s'y attendre, les problèmes de dérivent arrivent. D'où l'importance du rappel du droit à l'image.
Unitree has waited years to show the world something new, and the result is one of the wildest acts of the season. The judges can’t believe their eyes as robots perfectly dance across the stage to "Abracadabra" by Lady Gaga.
Il y a quelques années déjà, que ce soit dans le module sur lesalgorithmes, ousur les drones et l'IAnous nous posions la question des robots tueurs.
Depuis 2012, elle est régulièrement dénoncée par une coalition de 51 organisations non gouvernementales (ONG) coordonnée par Human Rights Watch, dans le cadre de la campagne internationale « Stop Killer Robots » (« Arrêtez les robots tueurs »), celle d'interdire à une machine autonome la possibilité de tuer. La décision de tir a toujours été réservée aux humains sur le champ de bataille.
Or, que constate-t-on en Ukraine ?
L'usage régulier
de munitions rodeuses.
Et la France n'est pas en reste.
La Direction générale de l’armement (DGA) et l’Agence de l’innovation de défense (AID) ont lancé, début mai 2023, deux appels à projets pour le développement de « munitions rôdeuses », aussi appelées drones kamikazes, munitions maraudeuses, vecteurs opérationnels à charge active…
Elles ont déjà été développées dans des pays comme Israël, la Pologne et surtout les USA qui ont récemment fourni aux Ukrainiens des Switchblade et des Ghost Phoenix.
Cette vidéo de promotion montre le fonctionnement de cette munition rodeuse qui a recourt à l'IA (notez la femme et l'enfant qui sont évités), pour se jeter sur des "ennemis" à l'intérieur même d'une maison.
04 Jun 2024
Laure de Roucy-Rochegonde, chercheuse à l’IFRI et directrice du
centre géopolitique des technologies
Amélie Ferey,
chercheuse à l’IFRI et responsable du laboratoire de recherche
sur la défense
CamoGPT est un prototype d'application de l'Armée américaine.
Développée
pour améliorer la productivité et la préparation opérationnelle,
l'IA est désormais utilisée pour « examiner » les
politiques de diversité, d'équité, d'inclusion et d'accessibilité.
L'armée américaine utilise un prototype d'outil d'intelligence artificielle générative pour identifier les références à la diversité, à l'équité, à l'inclusion et à l'accessibilité (DEIA) à supprimer des supports de formation.
Geoffrey Hinton et Yoshua
Bengio, deux des trois chercheurs qui
ont remporté un prix Turing pour leurs travaux pionniers sur les
réseaux neuronaux et qui sont souvent considérés comme les
"parrains" du mouvement moderne de l'IA, ont signé la déclaration.
Outre les menaces sur les emplois (300 millions selon certaines sources), la dévalorisation d'autres, les questions de vie privée, de sécurité des données, de fake news ou d'addictions et j'en passe, se pose aussi tout simplement l'usage volontaire de l'IA à des fins néfastes.
Cela est déjà le cas en la détournant de sa finalité (hackers, officines d'influence, publicités cachées etc.) mais aussi pour des États pour mener une guerre numérique. Fort heureusement, la qualité des données d'entraînement produites par des pays non démocratiques, assez piètre, reflète celle de l'absence de liberté d'expression.
Le PDG d'OpenAI, Sam
Altman,
a déclaré lors d'une audition
mardi
devant le Congrès américain que l'IA est une technologie à la
fois utile et dangereuse et qu'elle est susceptible
de bouleverser l'économie, les institutions démocratiqueset les
principales valeurs sociales. Il a déclaré
aux législateurs qu'il était urgent de réglementer la technologie et
a présenté ses propres propositions sur la manière dont le
gouvernement américain pourrait réglementer les entreprises comme la
sienne. Ce n'est pas la première fois qu'Altman déclare être effrayé
par les potentiels de l'IA, mais OpenAI et lui s'emploient toujours
à développer des systèmes d'IA plus puissants.

"Désarmer" l'intelligence artificielle
Le Pape a expliqué dans la foulée avoir écouté des scientifiques et des ingénieurs; des responsables
politiques, des fonctionnaires, des parents et des enseignants, ainsi que d'autres voix, « très
inquiétantes », concernant des « systèmes d'armes de plus en plus autonomes, pratiquement
hors de
portée de tout contrôle humain ».
Mais aussi des «témoignages très préoccupants d'algorithmes
capables de bloquer l'accès aux soins, à l'emploi et à la sécurité sur la base de données entachées de
préjugés et d'injustices» et «le silence de ceux qui n’ont pas voix au chapitre lorsque des décisions
sont
prises – des décisions susceptibles d’engendrer de nouvelles formes d’exclusion et de souffrance».
De cette écoute, a-t-il insisté est née une «conviction troublante», exprimée dans Magnifica humanitas : « L’intelligence artificielle doit être désarmée ». Il est nécessaire « d’éveiller les consciences et d’indiquer la voie à suivre pour l’humanité », a affirmé le Souverain pontife.
Si
l'Europe a enfin légiféré en
matière d'IA, c'est après de
longues, très longues années de réflexion.
La loi européenne sur l'intelligence artificielle (AIA) définit quatre niveaux de risque pour les systèmes d'IA : risque inacceptable (manipulation subliminale, exploitation des vulnérabilités des personnes entraînant des comportements préjudiciables, catégorisation biométrique des personnes basée sur des caractéristiques sensibles, notation sociale à usage général, identification biométrique à distance en temps réel (dans l'espace public), évaluer l'état émotionnel d'une personne, police prédictive, scraping d'images faciales ), élevé, limité et minime (ou nul). Il y aura des réglementations et des exigences différentes pour chaque classe.
Une limite d’âge de 13 ans
Le Guide de l'UNESCO présente ensuite sept étapes clés que les gouvernements doivent suivre pour réglementer l'IA générative et établir des cadres politiques pour son utilisation éthique dans l'éducation et la recherche. Il recommande par exemple l'adoption de normes mondiales, régionales ou nationales en matière de protection des données et de vie privée. Il fixe également une limite d'âge de 13 ans pour l'utilisation des outils d'IA dans les salles de classe, et appelle à former les enseignants spécifiquement sur ce sujet.
Comment se protéger des dérapages de l'intelligence artificielle (IA) ? L'animatrice Anne-Marie Dussault reçoit le fondateur de l'Institut québécois d'intelligence artificielle (Mila) et conseiller scientifique Yoshua Bengio.
C'est le dossier du site bonpote.com.
SOMMAIRE
Le site https://comparia.beta.gouv.fr/ propose de comparer deux IA à l’aveugle pour croiser leurs réponses, et voter pour la meilleure des deux en donnant votre avis.
Les données sont fournies par différents modèles de langage.
Vous aurez même accès au bilan carbone de votre requête.
Voir également le rapport de "TheShiftproject"
« L’année 2025 marque une rupture symbolique et opérationnelle dans la perception de l’intelligence artificielle. Longtemps présentée comme une technologie essentiellement logicielle, l’IA est désormais reconnue comme une infrastructure matérielle lourde, mobilisant énergie, eau, métaux et territoires. Selon le World Economic Forum, plus de 75% des capacités de calcul déployées en 2025 servent directement ou indirectement des applications d’IA, notamment génératives et agentiques1. »source : aivancitytheshiftproject.org/
Premiers leviers de sobriété technologique
Face à ces constats, des réponses émergent en 2025.
- développement de modèles plus compacts et spécialisés
- optimisation de l’inférence, principale source de consommation à long terme
- amélioration de l’efficacité énergétique des puces dédiées à l’IA
- recours accru aux énergies renouvelables et à la récupération de chaleur
Selon Google et Microsoft, certaines optimisations permettent déjà de réduire de 30 à 40% la consommation énergétique par requête sur des usages spécifiques7. Ces avancées restent toutefois insuffisantes pour compenser entièrement la croissance des usages.